Ton vert regard
Dans le vert de ton regard, un limpide espace m’ouvre son ciel… en lui, je m’envole !
Sous mes pieds, émerge une étrange fête d’étoiles qui dansent… De leurs mouvements, me vient un puissant vertige ! Je tombe.
En un lieu juteux et piquant, je me redresse ! De la pulpe d’un citron, je bois l’acidité afin qu’elle ne me noie… je tousse… m’étrangle !
Je me réveille, gisant dans un couloir de petits carreaux oranges et froids. Ils sont partout autour de moi, ainsi qu’au sol et au plafond. Par eux et en eux, je suis enfermée ! Je bondis sur mes pieds, fonce la tête la première contre plusieurs d’entre eux !
J’ouvre mes yeux sur une molle étendue rosâtre qui, peu à peu, m’enveloppe… il est doucereux, m’enlise… Je m’affole, me débats, me calme, y creuse un trou et, en lui, saute !
Un tapis violet m’accueille. Des pétales s’ouvrent et se referment, m’étreignent, me rejettent, me récupèrent, m’éjectent !
Du bleu vient, me prend en lui ,mais je ne ressens rien, il n’est matière, moi non plus, mon être fond en lui… mais, soudain, une vive lumière me fait ouvrir les yeux, m’indique le couloir pour sortir des tiens !
Sous mes pieds, s’élève la fête d’étoiles qui dansent… Elle vient à moi, m’emporte…
Doucement, cette voie lactée m’indique, sous moi, l’existence de la terre, m’y pose.
Laissant, derrière moi, le limpide espace de ton charme cruel, le vert sans fond de ton regard, je cours jusqu’à la vie ! En elle, je saute, me retrouve au cœur du réel autrui au sein duquel je deviens moi.
