Aimer la vie
Éveiller ses sens pour mieux aimer la vie
Il est fréquent que, quand on perd un sens, on développe une attention toute particulière aux stimuli faisant appel à l’un ou plusieurs des autres. C’est ce dont vous vous apercevrez en lisant les poèmes contenus dans la catégorie « Aimer la vie ».
Alors c’est avec grand plaisir que je vous y embarque et vous fais rencontrer votre propre multi-sensorialité, celle qui nous est commune et que mes textes vous invitent à rencontrer.
Elle existe en vous mais vous n’y faites pas forcément appel.
Dans mes poèmes, sont des éléments visuels bien que je sois aveugle.
C’est tout simplement que j’ai un souvenir très précis des couleurs et d’éléments de mon environnement de quand j’étais enfant.

Mes poèmes
A travers ces poèmes, je vous offre des mots simples pour retrouver l’essentiel.
Partout et pour toujours, notre Louis Braille
A semé le bonheur : vive le Braille !
Nous pouvons lire de nombreux ouvrages,
Palper, du monde, les multiples visages.
Romans et contes offrent des voyages
Dans l’histoire de tant de personnages.
Chacun peut lire avec sa propre voix,
Explorer, de la vie, toutes les voies !
On peut écrire, posé ou sur le vif,
Vivre pleinement des liens affectifs,
Au-delà de l’immédiate présence,
Grâce aux bienfaits de la correspondance !
Le Braille offre à chacun l’intimité
Sans laquelle l’on est, de soi, séparé.
De ses points jaillissent des points de vue,
Par eux, nous voyons à perte de vue !
Larmes fraîches et douces,
Sur les verts, limpides perles,
Vous êtes ! L’aube, en mes yeux, perle…
En lui, le jour mousse !
Larmes du soleil,
Dès l’aube, les verts vous accueillent…
Soyeuses perles, je vous cueille,
Vous palpe… oh merveille !
L’air et la lumière, en chaque végétal, fondent…
D’eux, naît la beauté du monde : bien des tons de vert.
En un seul coup d’œil,
Mon regard voit la fraîcheur
Qui rassasie l’être, le cœur.
J’aime le vert-feuille.
Sa douceur est source
De paix. Cheveux de la terre,
L’herbe, bien fraîche, boit la lumière…
Son vert me caresse.
Chaque jour est un printemps
Si l’on cueille, et accueille
Chaque fleur des beaux instants.
Les petits riens
Ne sont pas rien.
Bien en jouir,
S’en réjouir !
Les mets de la vie s’offrent à nous par nos cinq sens,
La vie, en ses mets, est, de notre vie, l’essence.
Mon regard embrasse la candeur d’une infinité de minuscules fleurs étoilées en symbiose.
Je m’accroupis et, très précautionneusement, je cueille un bouquet de ces délicates fleurs du ciel, effleure d’un doigt leur douceur mais, rapidement, elles se faufilent en larmes afin de rejoindre leurs sœurs… Je me saisis d’un autre bouquet, le porte à mes lèvres qui en caressent la fraîcheur…
Je lève la tête et accueille des larmes-fleurs silencieuses… chacune reste sur mon visage longtemps… mais nous nous oublions mutuellement.
Le tapis des fleurs du ciel s’épaissit…
Je rentre chez moi ? Oh non ! Il fait encore grand jour. J’ai froid mais, adossée à la porte de ma maison, mon corps fond dans ma contemplation du jardin, miroir du ciel, reflet palpable de l’insaisissable.
Je m’accroupis et, très précautionneusement, je cueille…
Souplesse, je te remercie !
Quand j’escalade, grimpe presque jusqu’au ciel, mon ascension contre un rocher m’octroie un plaisir qui descend en tout mon être…j’adore le contact des pierres fraîches sous mes mains.
Parfois, avant de me saisir d’une prise, j’effleure, de mes doigts, chacune d’elles, palpant le trésor qu’est la nature !
M’élève, peu à peu, le plaisir de l’effort dans lequel je me sens agile et leste. Je m’octroie de me mouvoir tel que dans une danse… évoluant ainsi vers la hauteur… qu’elle est bonne, la sensation de se sentir monter progressivement…
À mon arrivée, s’ouvre à moi le ciel ! Je me retourne et m’assois sur le plateau, tourne mon regard vers le vide. Que dis-je ! Ce n’est pas un vide, c’est un espace !
En moi, l’instant se dilate… il n’est plus de passé ni de futur… s’offre à moi l’infini !
Souplesse, je te remercie !
Tu me donnes accès au champ infini des possibles dans le partage physique de l’amour. Cette diversité offre le plaisir de pouvoir créer pour l’autre, ainsi que celui de créer ensemble… vive cette intime complicité !
Souplesse, je te remercie !
Tu m’ouvres aussi l’infini du champ des possibles dans la danse d’un rock entre amies ! Tour à tour, chacune guide l’autre… s’offrant tour à tour des mouvements surprenants ! Entre nous se hisse un plein accord… Lorsque l’une feinte l’autre qui, alors, se casse la figure, celle-ci se relève de suite, lestement, pour inverser la danse !
Souplesse, je te remercie !
Tu es mon amie, car tu es la garante de l’unité de mon corps. Je ne me suis jamais rien cassé.
Le train démarre !
Tout mon corps se relâche.
À cet instant, je lâche
La corde des projets
Pour me laisser plonger
Dans le précieux bien-être
Du tout simple fait d’être.
Le train m’emporte !
Il transporte mon temps…
En mon temps, je me détends
Car, roulant, le temps l’occupe.
De plus, rien, je ne m’occupe.
Le train roule, roule…
Je m’ennuie un peu mais surtout,
Je veux ne rien faire du tout.
Je ne bouge plus de ma place.
Mes doigts palpent le temps qui passe…
En lui, mes pensées tourbillonnent
En douceur et je m’abandonne
À des rêveries d’où jaillissent
Des îlots de repos. J’y hisse
Mon être : des forces me reviennent…
Mon âme redevient sereine.
Vive le train !
Libérer ma voix,
En elle, être en vie,
Libérer ma voix,
En elle est ma vie.
En moi, ma voix vibre,
En moi, ma vie vibre.
Je chante, je suis libre !
Un jour, soudain, une odeur m’effleure… tiens !
Des fleurs me saluent.
Leur senteur me pénètre… elle se déploie en mon antre…
Oh ! En mon cœur et en mon âme, vient du rose.
En moi tout entier, une paix s’installe… le temps s’arrête.
Je suis totalement à lui, entièrement en cet instant.
Douces amitiés qui perlent
En mon être, limpides perles,
Que je palpe dans mon cœur…
Elles tintent… forment un chœur.
Quand j’ai partagé un temps
Entre amies, pendant longtemps,
J’entends ces perles qui chantent… elles sont en moi, m’enchantent !
Son corps, le remplir de son soi,
Sans lui, on ne peut être soi.
Pour, en chaque jour, pénétrer,
Bénéfique est de désirer
Qu’entre lui et soi, l’harmonie.
Il est notre siège, notre nid.
De lui, sort notre premier cri !
Par lui, on pleure ou on rit.
En nos yeux, la lumière entre,
Pénètre et s’étale en notre antre
Quand, en soi, on veut l’accueillir.
Avec nos mains, on peut cueillir
Et, chaque jour, redécouvrir,
De pouvoir agir, le plaisir.
D’art ou humanitaires, les œuvres,
Par nos doigts se mettent en œuvre.
Les mouvements de notre corps
Nous permettent de faire corps
Avec ce qui bouge en notre âme,
Vivifient, de la vie, la flamme !
Quand d’aimer quelqu’un il s’agit,
C’est notre être-corps qui agit :
Quand quelqu’un nous est fort aimable,
On aime l’inviter à table.
Deux êtres, pour vivre leur amour,
Vraiment s’unir, ils font l’amour.
De notre bouche, sortent les mots
Concernant, de notre âme, les maux.
Les mots permettent de penser
Et notre être de se panser.
Nous prenons corps en notre corps,
Soyons avec lui en accord.
Sous un rayon de soleil, satiné par la densité d’un feuillage, en un bois qui m’est délicieusement familier, s’offre à moi ce que je cherchais : des petits hérissons végétaux.
Avec grande délicatesse et bienveillance, je prends chacun d’eux entre trois de mes doigts, le scrute, le tourne et le retourne, lui vouant ma patience… soudain, il m’ouvre son âme et m’offre son cœur d’un soyeux marron.
Chaque cœur de hérisson végétal rejoint celui de ses sœurs dans ma cuisine.
Ma poêle les accueille, en mon amour pour elles, elles y crépitent…
Puis, en ma bouche, chacune, rien que pour moi, devient tendre.
Il unit nos êtres. Nos corps
S’émeuvent en un accord
Parfait. Il est sensuel,
Né du désir qu’il attise…
En lui, des secrets se créent.
En lui, nos âmes se mêlent…
Notre amour s’y réalise.
Il est un moment sacré,
Une harmonie sans son,
Une union à l’unisson.
Il est l’intime baiser.
De son regard, goûter
À la félicité
De toujours découvrir…
À la beauté, ouvrir
Grand les bras de son cœur.
Découvrir le visage
Des divers paysages…
En eux et les bâtisses,
La vie, sans cesse, se hisse…
Voir, en étant nature
En son être, la nature
Des êtres, les paysages
Au-delà des visages.
Palper sa forme harmonieuse d’œuf,
Sa peau lisse, est toujours un plaisir neuf.
De le manger, je ne suis pas pressé.
J’aime, entre deux de mes doigts, le presser.
Il conserve sa forme, imperturbable…
Mais moi, je ne vais pas rester aimable !
Je plante une incisive dans sa peau,
À ce pauvre innocent, je fais la peau !
Sa savoureuse pulpe, je la tétouille…
Je m’enhardis ! Ses pépins, je les croquouille…
Puis je vais me chercher un autre grain !
Chaque été, j’attends le temps des raisins.
Détourne ton regard de ton sein meurtri et vois: devant toi se dresse un miroir!
Contemple les courbes élégantes de tes épaules, la grâce harmonieuse de ta cambrure.
Effleure, des doigts de ton âme, ta peau lisse, la pulpe de tes lèvres.
Le miroir reflète ta féminité dans toute sa splendeur.
Soudain, entre toi et le miroir, surgit un homme!
Il est celui que tu n’osais séduire, alors qu’il te désirait.
Son regard plonge dans le tien, découvre une fenêtre ouverte sur ton âme—
Enfin, tu lui offres de l’ouvrir.
En ses yeux jaillit la flamme d’un amour vibrant.
Tu effleures son visage du bout des doigts,
Ses lèvres frissonnent… sa bouche se pose sur la tienne.
Sein blessé oublié.
Les rayons solaires tètent l’eau restée sur ma peau et mon âme les tète…
La chaleur m’effleure le dos alors que, du plat de mes mains, j’effleure le sable.
Elle s’étend sur tout mon corps et je m’étends en elle, elle s’installe en moi et tout mon être s’installe en elle.
Elle me baigne tout entière et je baigne dans le bonheur !
Musika mon amour, c’est par des proches que je t’ai rencontré.
Je te sais nourricière.
Je me veux dans tes bras.
Tous les mets que tu confectionnes, je veux les découvrir car je suis une goûte-à-tout.
Cela dit, j’ai des préférences.
Du coup, je viens te passer commande des plats que je souhaite déguster régulièrement.
Alors voici:
— chansons simples: jolies voix qui m’enchantent, jolies mélodies qui agrémentent ma vie, paroles qui ne font pas réfléchir.
— reggae: rythme tranquille à deux temps, la vie peut être cool, je veux profiter de ce moment!
— chants de délurés: en mon intérieur, éclats de rire qui m’octroient un relâchement total.
— jazz: accueil dans son rythme moelleux et dans des accords spontanés émanant du plein accord entre musiciens.
— musique psychédélique: envol vers des contrées aux paysages mouvants.
— chants africains: voix de femmes sensuelles, bain dans une teinte ocre.
— voix graves: entre ciel et terre, ancrage en mon être.
— percussions africaines: bien-être sur terre, naît en moi du dynamisme.
Musika mon amour, je plonge dans le délice des mets que j’ai choisis et que tu m’offres.
Je m’installe en lui, je m’y abandonne, je suis moi-même, moi en moi.
